Lancer son activité de rédacteur web freelance : quel statut juridique choisir ?

par | Avr 21, 2021 | Devenir entrepreneur | 0 commentaires

Le métier de rédacteur web s’exerce le plus souvent en freelance. Cela signifie que si vous souhaitez devenir rédacteur freelance, vous devez créer votre entreprise et donc choisir un statut juridique.

À ce sujet, plusieurs facteurs sont à prendre en compte comme la fiscalité et les charges sociales relatives à chaque statut. Dans cet article, je vais donc vous présenter de manière claire les choix qui s’offrent à vous pour lancer votre activité, ainsi que leurs avantages et inconvénients.

 

Quel statut juridique pour devenir rédacteur web freelance ?

  1. L’entreprise individuelle (EI)
  2. Les sociétés unipersonnelles (SU)
  3. La pépinière d’entreprise
  4. Le portage salarial

 

 

1.   L’entreprise individuelle (EI)

L’entreprise individuelle est très prisé par ceux qui se lancent pour la première fois dans l’aventure entrepreneuriale.  

 En effet, l’EI est un statut juridique qui n’est pas doté d’une personne morale, c’est-à-dire d’une entité juridique. Cela signifie que les démarches administratives sont allégées puisqu’en soit vous ne créez pas d’entreprise, mais une activité.

 L’EI vous permet de bénéficier d’un certain nombre d’avantages relatifs à la gestion administrative de votre activité :

  • créer ou mettre fin à une entreprise individuelle sont des tâches très simples à effectuer et très peu coûteusesnotamment grâce au fait qu’aucun capital social n’est demandé ;
  • la comptabilité d’une entreprise individuelle est simplifiée, par conséquent vous n’aurez pas besoin de prendre un comptable ou de publier vos comptes ;
  • aucune formalité juridique n’est demandée tout au long de la vie de l’EI ! Pas de dépôt des comptes au greffe à prévoir ou autre formalité pénible à réaliser ;

 

Bien entendu, l’EI comporte aussi son lot d’inconvénients :

  • les impôts à payer lorsqu’on choisit ce statut correspondent aux plus hauts barèmes d’imposition ;
  • il n’y a pas de distinction entre le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel de l’entrepreneur ;
  • ce dernier point implique aussi que le patrimoine du conjoint peut être engagé.

En vous tournant vers une entreprise individuelle, deux options s’offrent à vous : la création d’une autoentreprise et la création d’une EIRL.

  

Régime simplifié : l’autoentreprise

La première branche de l’entreprise individuelle est l’autoentreprise. Aussi appelée « microentreprise », cette option convient aux entrepreneurs commerçants, artisans ou libéraux qui génèrent un chiffre d’affaires :

  • inférieur à 176 200€ pour les activités commerciales ;
  • inférieur à 72 600€ pour les prestations de service et les professions libérales.

 

Les avantages de l’autoentreprise

Étant un régime simplifié, l’autoentreprise procure un certain nombre d’avantages qui permettent de tester son activité sans risque financier ou juridique.

De ce fait, les formalités administratives sont encore plus réduites :

  • créer une microentreprise est totalement gratuit, ainsi que la cessation d’activité ;
  • il n’y a pas de comptabilité à tenir, simplement un livre des recettes ;
  • les charges sont calculées en fonction du chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel généré ;
  • les autoentrepreneurs sont exonérés de TVA.

 

Les inconvénients de l’autoentreprise

À l’origine créée pour impulser la création d’entreprise, l’autoentreprise présente aussi ses limites :

  • le chiffre d’affaires annuel est plafonné comme mentionné ci-dessus. Si le seuil est dépassé, l’autoentrepreneur basculera en société ;
  • l’exonération de TVA comporte aussi un seuil de chiffre d’affaires ( 85 000€ pour les activités commerciales et 34 400€ pour les activités libérales et la prestation de service) ;
  • l’entrepreneur n’a pas la possibilité de dissocier son patrimoine personnel de son patrimoine professionnel.

  

L’option EIRL

La principale utilité de l’option EIRL est qu’en cas de faillite, votre patrimoine personnel ou celui de votre conjoint ne sera pas impacté.

Bien que cette option permette de pallier le principal inconvénient de l’EI et de l’autoentreprise qui est le patrimoine engagé, elle ajoute également quelques contraintes à l’entrepreneur :

  • la dissociation du patrimoine implique davantage de formalités à remplir au niveau de sa gestion;
  • le dépôt de compte est obligatoire, ce qui engendre la tenue d’une comptabilité complète.

 

 

2.   Les sociétés unipersonnelles (SU)

La société unipersonnelle (SU) peut être créée et gérée par une seule personne. À la différence de l’entreprise individuelle, cette forme de société permet de créer une distinction entre le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel de l’entrepreneur.

Cependant, la SU apporte quelques désavantages :

  • la création d’une SU nécessite des démarches administratives compliquées et coûteuses;
  • il est nécessaire de faire appel à un expert-comptable pour gérer la comptabilité et les démarches administratives auprès du Greffe.

Parmi les sociétés unipersonnelles, il en existe 2 sortes qui disposent d’avantages et d’inconvénients spécifiques.

 

Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

L’EURL correspond à une société à responsabilité limitée (SARL) unipersonnelle. Une SARL est une société dans laquelle les risques des associés sont limités au montant de leur apport. L’EURL dispose donc du même fonctionnement à la différence que le créateur de la société est le seul associé.

 

Les avantages de l’EURL

  • le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont bien distincts ;
  • l’entrepreneur est imposé seulement sur ses bénéfices réalisés et non pas sur son chiffre d’affaires ;
  • le capital minimum requis pour créer une EURL est de 1€.

 

Les inconvénients de l’EURL

  • les coûts de création de ce statut sont assez coûteux ;
  • la protection sociale du gérant est complexe à gérer, car ce dernier est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants. Cela signifie qu’il y a un certain nombre de contraintes à prendre en compte comme les cotisations minimums et autres…

 

Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)

 La SASU reprend les mêmes caractéristiques qu’une société par actions simplifiées (SAS), mais avec un seul associé. Une des obligations principales lors de la création d’une SASU est donc la désignation d’un président qui va gouverner la société.

 

Les avantages de la SASU

  • le régime est assez souple au niveau des règles de fonctionnement ;
  • le président qui a été désigné jouit d’une protection sociale quasi identique à celle des salariés ;
  • il y a une certaine adaptabilité qui est possible comme l’ajout d’associés, dans ce cas-là le statut évoluera en SAS ;
  • la fiscalité des SASU dépend de l’impôt sur les sociétés, mais en fonction de sa situation, le dirigeant peut opter pour un impôt sur le revenu ;
  • le capital social minimum à apporter est de 1€ tout comme l’EURL.

 

Les inconvénients de la SASU

  • La mise en place de ce statut nécessite des coûts élevés et comme l’EURL, la durée ne peut excéder les 99 ans ;
  • Les formalités de création et de fermeture d’une SASU sont assez complexes.

 

3.   La pépinière d’entreprise

La pépinière d’entreprise (aussi appelée couveuse) s’adresse exclusivement aux entrepreneurs qui n’ont pas encore créé leur entreprise.

Il s’agit d’une alternative qui peut être intéressante, car la pépinière met à la disposition de l’entrepreneur son numéro SIRET. Cela lui permet de démarrer son activité sans pour autant créer une entreprise. De la plus, la pépinière apporte un accompagnement et des conseils.

 

Les avantages de la pépinière d’entreprise

  • la pépinière fait profiter de conseils, mais aussi d’un soutien financier et technique ;
  • la pépinière met à disposition des locaux à des prix très compétitifs ainsi que des services annexes ;
  • en travaillant au sein des locaux de la pépinière, l’entrepreneur sera amené à rencontrer d’autres personnes et pourra ainsi développer son réseau ;
  • lancer son activité via une pépinière permet à l’entrepreneur de percevoir ses indemnités Pôle Emploi s’il en a.

 

Les inconvénients de la pépinière d’entreprise

  • l’adhésion à une pépinière est limitée dans le temps, le but étant d’aider l’entrepreneur à se lancer ;
  • le chiffre d’affaires qui est généré par l’entrepreneur est versé directement sur le compte de la couveuse, il existe certaines conditions comptables pour le récupérer ;
  • tous les avantages cités ci-dessus ont un prix qui varie en fonction de votre chiffre d’affaires.

 

4.   Le portage salarial

Le portage salarial peut aussi être une alternative intéressante. Il ne s’agit pas d’un statut juridique, mais plutôt d’une forme d’emploi atypique à cheval entre le salariat et l’entrepreneuriat qui apporte un certain nombre d’avantages et d’inconvénients à l’entrepreneur.

En France, il existe en moyenne 200 sociétés de portage salarial. Cette alternative fonctionne avec 3 parties différentes :

  • Le client
  • L’entreprise qui vous porte
  • Le client pour lequel vous travaillez

 

Les avantages du portage salarial

  • opter pour une société de portage laisse plus de temps au freelance pour se concentrer sur son cœur de métier, car il n’a pas à s’occuper de l’aspect administratif et autre ;
  • l’entrepreneur jouit de la même protection sociale que les salariés, il a le droit au chômage et à la cotisation retraite ;
  • cette alternative permet une certaine liberté pour trouver des clients et fixer les tarifs ;
  • tous comme les salariés, les freelances en portage bénéficient de formations ans le but de les aider dans leur mission ;
  • le portage salarial est compatible avec les statuts juridiques que nous avons abordés ci-dessus.

 

Les inconvénients du portage salarial

  • les charges sociales sont élevées (entre 40 et 43% du chiffre d’affaires)
  • il y a des frais de gestion qui sont prélevés par la société de portage, soit entre 5 et 12% du CA

 

Je viens de vous présenter toutes les possibilités qui s’offrent à vous pour lancer votre activité de rédacteur web et créer votre entreprise.

Personnellement, j’ai démarré en créant une autoentreprise et si je devais vous donner un conseil c’est ce vers quoi je vous dirigerai. Ce statut est d’une simplicité extrême, toutes les démarches se font via le portail en ligne dédié.

Mais peu importe vers quel statut se porte votre choix, ne perdez pas de vue que ce choix n’est pas à prendre à la légère et qu’il nécessite une réelle réflexion. Réfléchissez donc bien en fonction de vos besoins.

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